Neya Abdi

par Neya Abdi

publié le avril 30, 2021

Quand Fonderson A. a débuté sur Turo, il ne pensait pas que l’autopartage l’aiderait à réaliser ses rêves : se lancer en affaires et acheter une maison.

En janvier 2016, ce père de quatre enfants cherchait une voiture de location pour se rendre de Montréal à Toronto. Il trouvait que les prix étaient vraiment élevés, mais une publicité de Turo attira son attention. Intrigué, il fait donc des recherches et apprend que la plateforme n’offre pas encore de voitures au Canada. C’est quelques mois plus tard que Turo s’implante finalement au pays. Fonderson parle alors à sa femme de la possibilité de proposer leur Dodge Caravan 2009 aux voyageurs. Ils décident de tenter le coup et Fonderson devient l’un des premiers hôtes à inscrire une voiture sur Turo dans la région de Montréal.

« J’ai obtenu une réservation d’un touriste français. Avant que son voyage ne commence, une dame de Toronto a eu besoin de mon véhicule pendant cinq jours parce qu’elle venait à Montréal. C’était ma première réservation, donc j’étais un peu nerveux. Mais je n’avais rien à perdre et j’avais bien lu les politiques de Turo. Je me suis lancé, car qui ne risque rien n’a rien, raconte Fonderson. La dame a donc conduit ma minifourgonnette pendant cinq jours et l’a ramenée sans qu’il y ait de problème. La semaine suivante, le touriste français a utilisé mon véhicule pendant sept jours et tout s’est bien déroulé. Je suis devenu plus confiant et j’ai commencé à obtenir d’autres réservations. » 

12 mois après avoir décidé de partager son véhicule personnel, Fonderson avait empoché environ 5000 $. Il a tout de suite compris qu’il pourrait doubler ses revenus en inscrivant davantage de voitures sur la plateforme. Aujourd’hui, en 2021, Fonderson partage cinq Dodge Caravan sur Turo. Il a l’intention d’acheter deux autres véhicules bientôt.

Un entrepreneur qui annonce ses voitures à l’étranger

Fonderson a toujours voulu devenir entrepreneur. Ses parents possédaient d’ailleurs un restaurant au Cameroun où il a grandi. Même quand il travaillait comme gestionnaire des stocks et analyste de données, Fonderson passait son temps libre à chercher des occasions d’affaires. Quand il a constaté le potentiel de croissance de ses activités sur Turo, il a immédiatement élaboré une stratégie pour en profiter pleinement.  

Tout d’abord, il a identifié une clientèle à cibler. 

« J’ai constaté qu’il y avait un segment du marché auquel personne ne semblait s’intéresser. Beaucoup d’hôtes sur Turo proposaient des Honda et des petites berlines. Je ne voulais pas faire la même chose, car la concurrence était plus vive. J’ai donc fait des recherches. J’ai découvert que certains propriétaires de berlines avaient besoin d’une minifourgonnette à sept places pendant les fins de semaine ou les vacances. Ils veulent sortir avec leurs enfants et leurs amis. C’est cette clientèle que je cible. » 

De plus, il a misé sur une tendance qu’il avait lui-même remarquée. Un de ses premiers voyageurs venait de France et, avec le temps, il a constaté que les touristes français comptaient pour 80 % de sa clientèle. C’était bien sûr avant COVID. Fonderson a donc choisi de développer une stratégie marketing pour attirer ces voyageurs. Il a acheté de la publicité ciblant les Français qui faisaient des recherches sur le Québec, le Mont-Tremblant ou le Saguenay. Ces publicités menaient les internautes vers ses annonces sur Turo.

Avant la pandémie, Fonderson achetait ses voitures avant l’été et optimisait son parc automobile pendant l’hiver (en d’autres termes, il remplaçait les moins rentables). Il souhaitait au départ proposer dix voitures sur la plateforme avant la fin de 2020. Malheureusement, la COVID-19 est venue changer ses plans. L’entrepreneur a d’abord craint de perdre de l’argent, mais l’été a été plus achalandé que prévu. Ce fut pour lui une agréable surprise. 

« Les frontières ont été fermées et 80 % de ma clientèle était composée de touristes français. Mais les Québécois, et en particulier les Montréalais, ont beaucoup réservé mes véhicules. J’ai même connu l’un de mes meilleurs étés en 2020. »

Fonderson a d’ailleurs décidé d’augmenter le nombre de véhicules qu’il offrira surtout à l’été 2021. Il s’attend à ce que beaucoup de voyageurs locaux réservent ses minifourgonnettes. 

« J’aurais aimé pouvoir prédire à quel point Turo allaient croître rapidement »

Fonderson tient à faire vivre une expérience exceptionnelle aux voyageurs. Il prend le temps de répondre à leurs commentaires et offre plusieurs extras comme le nettoyage à la fin du voyage et des sièges d’auto pour les enfants. Ce dernier extra était particulièrement populaire avant la pandémie, à l’époque où sa clientèle était composée en grande partie de touristes internationaux. 

« La seule chose que vous avez besoin de me dire, c’est l’âge de votre bambin, affirme Fonderson qui a lui-même trois enfants de moins de 10 ans. J’ai huit sièges d’auto dans mon garage. »

Fonderson aimerait devenir entrepreneur à temps plein. L’autopartage lui a déjà permis d’acheter une maison et de quitter l’appartement qu’il louait. « Les revenus de Turo m’ont vraiment aidé à faire l’acquisition de notre maison », souligne-t-il. 

Fonderson est heureux d’avoir amorcé son chemin vers l’indépendance financière, bien que la pandémie ait retardé sa croissance sur Turo de douze mois environ. Il veut vivre sa vie comme il l’entend et aimerait un jour offrir du travail à d’autres personnes. 

« J’aurais voulu savoir à quel point mes activités sur Turo allaient croître rapidement. J’aurais peut-être investi plus tôt. C’est plus difficile de passer d’une à deux voitures que d’en ajouter une quand vous en possédez plusieurs. Vos revenus sont plus élevés et vous pouvez les utiliser pour agrandir votre parc automobile. »

Son conseil pour les gens qui souhaitent s’inscrire sur Turo? Ne plus attendre et se lancer, pour profiter dès maintenant des occasions offertes par l’économie du partage. 

« C’est assez incroyable que je sois à Montréal et que quelqu’un d’autre, disons en Caroline du Nord, soit en train de réserver ma voiture. Je pense que c’est ça, le futur. Malgré les hauts et les bas, je crois que Turo est là pour de bon. Il faut seulement que la plateforme et les hôtes grandissent ensemble. Quand je réussis, Turo réussit, et vice versa. » 


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