Daniel D. travaille sept jours par semaine depuis dix ans. Il a de grandes ambitions et il est déterminé à les réaliser.
« Je tiens à réussir financièrement, nous confie Daniel. Je ne veux pas m’enliser dans le métro, boulot, dodo et m’inquiéter pour l’avenir. “Si je perds mon emploi, qu’est-ce qui va m’arriver?” ou “Si ma mère tombe malade et doit cesser de travailler, comment vais-je pouvoir l’aider financièrement?” Je souhaite réaliser mes rêves, je ne veux pas travailler pour que mon patron réalise les siens. »
En 2020, Daniel passe à l’action. Il quitte son emploi d’analyste de données chez Honda Canada, où il vient d’obtenir une promotion. Il a alors commencé à développer des suppléments pour l’entraînement physique qu’il vendra sur Amazon. Il travaillait déjà comme coursier pour SkipTheDishes depuis presque quatre ans. C’est aussi en 2020, quand Turo s’est implanté en Colombie-Britannique, que Daniel s’inscrit sur la plateforme. Cette année, comme si ce n’était pas assez, il lancera une entreprise d’appareils de musculation et d’exercice pour la maison.

Gagner gros : « En 2020, Turo m’a rapporté jusqu’à 3300 $ en un mois »
Daniel a débuté sur Turo avec une seule voiture, une 2020 Jaguar F-Type. C’était pendant l’été. Six mois plus tard, l’entrepreneur en compte trois.
« J’ai fait mes premiers pas dans le monde de l’autopartage durant la troisième semaine de juin en 2020. Je ne m’attendais pas à ce ma Jaguar soit réservée 12, 14 ou 16 jours par mois, surtout en temps de pandémie. Comme je travaille à la maison, je n’avais pas besoin de voiture, mais je devais prendre un Lyft ou un Uber dès que je voulais me déplacer. En août, j’ai donc décidé de partager un deuxième véhicule sur Turo. C’est une Jaguar du même modèle que la première, mais elle est décapotable et dotée d’un moteur beaucoup plus puissant. » En janvier dernier, Daniel inscrivait son troisième véhicule sur la plateforme.
« J’ai utilisé le « Carculator » de Turo, un outil pour savoir combien un modèle de voiture bien précis peut rapporter sur la plateforme. Je m’attendais donc à gagner 800 $ ou 1000 $. À ma grande surprise, ma Jaguar m’a rapporté le double. En moyenne, j’ai gagné 2000 $ en partageant un seul véhicule et je me souviens d’un mois où mes revenus ont atteint 3300 $ avec deux voitures. Si chacune des trois était réservée dix jours par mois seulement, je ferais beaucoup d’argent assez facilement. »

L’organisation du travail : « je suis plutôt perfectionniste »
Les Jaguar de Daniel sont extrêmement populaires sur Turo, ce qui l’a incité à inscrire trois voitures sur la plateforme en six mois. Comment arrive-t-il à concilier l’autopartage avec ses autres activités entrepreneuriales? Il répond qu’il faut savoir gérer son temps. Par exemple, il s’assure de toujours garder une bonne heure, parfois plus, pour nettoyer convenablement ses voitures.
« Je suis plutôt perfectionniste, explique Daniel. Quand j’avais 18 ou 19 ans, je travaillais en esthétique automobile et, plus précisément, j’étais affecté au nettoyage intérieur des véhicules. Je suis vraiment méthodique et minutieux. Je nettoyais des voitures de luxe avec une brosse — des Lamborghini, des Ferrari, des Bentley — et aussi avec une brosse à dents à la main pour atteindre tous les recoins. Donc, personnellement, ça ne me dérange pas de passer une heure à nettoyer une de mes Jaguar, voire 90 minutes au besoin. »
En ce moment, Daniel se charge lui-même de toutes les tâches liées à ses activités d’autopartage. Mais il est déjà confronté à un défi que beaucoup d’entrepreneurs doivent relever en gérant la croissance de leur entreprise : faire confiance à quelqu’un d’autre et déléguer le travail. « Je suis pointilleux. Quand quelqu’un m’aide, je finis par refaire une partie du travail de toute façon. » Si jamais il devait embaucher quelqu’un, Daniel exigerait qu’il nettoie les voitures aussi méticuleusement que lui.

La puissance des réseaux : « les Jaguar semblent aller de pair avec les mariages indiens traditionnels »
L’autopartage est une activité enrichissante pour Daniel et pas seulement pour son portefeuille. Il a l’occasion de partager sa passion pour les voitures avec les voyageurs, mais également de prendre part à des événements qui ont une importance toute particulière pour eux.
« Mes voitures sont souvent réservées pour des mariages indiens traditionnels. Ça semble aller de pair, je ne sais pas trop pourquoi, raconte Daniel. Un jour, j’ai livré une Jaguar à un mariage. C’était une petite réception avec peu d’invités, en deçà de la limite permise par la santé publique à ce moment-là. Ils m’ont invité à entrer et je ne vous mentirai pas — j’ai bu un verre, peut-être deux. Plus tard, quand je suis revenu chercher la voiture, ils m’ont encore invité à entrer. J’en ai donc profité deux fois. »
« Ce qui est intéressant, c’est qu’on rencontre beaucoup de gens dans ces mariages. Ils me disent : “oh, mon cousin va se marier!” et je me retrouve avec encore plus de réservations. Je leur réponds que oui, bien sûr, je vais faire un bon prix à leur cousin. L’argent n’est pas une considération si importante pour moi quand les gens recommandent mes voitures à des amis. Chaque fois, je leur assure que je vais leur faire un bon prix. »

Daniel comprend très bien l’importance de réseauter. Son propre réseau d’amis l’a motivé à devenir entrepreneur et à poursuivre son rêve d’autonomie financière.
« J’ai beaucoup d’amis qui ont réussi en affaires. La plupart semblent jouir d’une liberté totale parce qu’ils ont bâti leur propre entreprise à partir de rien. Un de mes meilleurs amis réussit vraiment bien sur Amazon, aux États-Unis. Et il m’a dit une fois : “il est temps que tu rachètes ta liberté.” »
Daniel est assurément sur la bonne voie.